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"Le défi pour les communautés d'Asie est l'unité" P. Benoît Grière

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Le père Benoît Grière, supérieur général des Augustins de l'Assomption, échange avec de jeunes Philippins dans le bidonville d'Escopa (Grand Manille), le jour de la fête de l'Enfant Jésus, le 20 janvier 2019.

En l’espace d’un mandat (six ans), rencontrer près de 1 000 religieux dans une trentaine de pays. Telle est la mission du père supérieur des Augustins de l’Assomption, dans le cadre de sa visite canonique. En ce début d’année 2019, le Père Benoît Grière a posé ses valises à Manille, aux Philippines. Un temps privilégié pour mieux connaître et encourager la jeune communauté.

Quels sont les enjeux actuels pour l’Assomption aux Philippines ?

La communauté fête son treizième anniversaire. Elle est encore en période de fondation. Mon rôle est de l’aider à construire sur le roc, pour se renforcer et se développer avec discernement. Ma visite s’inscrit aussi dans le cadre de la création du vicariat d’Asie, à l’horizon 2020. Je viens de participer à une réunion de préparation en Corée. Le défi pour les communautés d’Asie, dont celle des Philippines, est celui de l’unité. Avec des réalités et des identités très différentes, la Corée, le Vietnam, l’archipel des Philippines et la Nouvelle-Zélande doivent apprendre à construire « l’unidiversité » chrétienne, pour reprendre le terme de François de Sales. C’est-à-dire l’unité dans la diversité.

Quel est votre message aux frères d’Asie et Océanie ?

Les communautés d’Asie ont un rôle à jouer dans l’ouverture de la congrégation sur le troisième millénaire. Le poids économique et géostratégique de la Chine et de l’Inde, la rencontre de multiples courants religieux, le dynamisme des vocations... L'évolution actuelle de cette région en font un espace clé pour le monde de demain. La chrétienté y a un avenir, à condition de retrousser ses manches. En tant que missionnaires, nous ne devons jamais préférer notre tranquillité aux besoins de l’Église. Le message du Christ est le ferment dans la pâte, il appartient aux frères de le faire connaître tant par la vie liturgique que par les apostolats.

Quelles sont vos points d’appui dans votre mission de supérieur général, et plus largement, votre vie spirituelle ?

Je suis entré dans la congrégation il y a une trentaine d’années. La spiritualité augustinienne est très importante pour moi. Avant d’entrer dans la communauté, j’ai également mené de nombreuses actions de solidarité, en Afrique notamment, en tant que médecin. Un parcours qui m’a fait développer une vision du monde marquée par la souffrance d’autrui. À ce titre, l’évangile du bon Samaritain m’inspire particulièrement. J’ai également acquis une capacité d’écoute qui constitue un atout dans ma mission. J’aime citer cette phrase du médecin Ambroise Paré : « Je le soignais et Dieu le guérissait. » Mais l’essentiel dans notre vie spirituelle est notre rencontre personnelle avec Dieu. Aux frères qui ne l’ont pas encore vécue, je conseille de cultiver l’intériorité. Apprendre à rejoindre la berge, pour ne pas se laisser emporter par le courant. Voir où aller. Enfin, agir en cohérence profonde avec ce qui nous anime.

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